Entretien de fin de carrière : ce que la loi impose aux employeurs
Qui est concerné, à quel moment, quels sujets aborder et comment tracer l'entretien : le point pour les services RH.
Depuis la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, l'entretien professionnel est devenu l'entretien de parcours professionnel. Pour les salariés qui approchent de 60 ans, son contenu change : l'employeur doit y aborder le maintien dans l'emploi et les aménagements de fin de carrière. C'est ce que les services RH appellent couramment l'« entretien de fin de carrière ».
Voici ce que prévoit le texte, ce qu'il faut préparer, et pourquoi cet entretien amène presque toujours des questions sur la retraite.
Ce que dit la loi
La règle figure au V de l'article L. 6315-1 du Code du travail :
Deux points à retenir. D'abord, le texte ne crée pas un entretien supplémentaire : c'est l'entretien de parcours professionnel habituel qui est enrichi lorsqu'il tombe entre le 58e et le 60e anniversaire du salarié. Ensuite, l'expression « entretien de fin de carrière » ne figure pas dans la loi : c'est un nom d'usage.
Qui est concerné, et quand
Tous les salariés sont concernés par l'entretien de parcours professionnel, quelle que soit la taille de l'entreprise. Le calendrier fixé par l'article L. 6315-1 est le suivant :
- un premier entretien au cours de la première année suivant l'embauche ;
- puis un entretien tous les quatre ans pour le salarié qui reste dans la même entreprise ;
- tous les huit ans, un état des lieux récapitulatif du parcours professionnel ;
- un entretien dans les deux mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière ;
- et, lors du premier entretien qui intervient dans les deux années précédant les 60 ans, les sujets de fin de carrière.
Un accord collectif d'entreprise ou, à défaut, de branche peut prévoir une autre périodicité, sans dépasser quatre ans. Si votre entreprise applique un accord conclu avant la loi sur la périodicité des entretiens, la nouvelle rédaction de l'article s'y applique à compter du 1er octobre 2026 : il doit être révisé pour être mis en conformité.
En pratique, repérez dès maintenant vos salariés de 58 et 59 ans et vérifiez la date de leur prochain entretien.
Les sujets à aborder
L'entretien reprend d'abord les sujets communs à tout entretien de parcours professionnel : compétences et qualifications, situation et parcours professionnels, besoins de formation, souhaits d'évolution, compte personnel de formation. S'y ajoutent, pour le salarié qui approche de 60 ans :
- les conditions de son maintien dans l'emploi ;
- les possibilités d'aménagements de fin de carrière ;
- le passage à temps partiel ;
- la retraite progressive.
L'entretien ne porte pas sur l'évaluation du travail du salarié. Il ne s'agit pas non plus de lui demander sa date de départ : l'objectif est d'ouvrir la discussion sur la suite de son parcours.
Le formalisme à respecter
- L'entretien est organisé par l'employeur et réalisé par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction.
- Il se déroule pendant le temps de travail.
- Il donne lieu à la rédaction d'un document dont une copie est remise au salarié.
Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, si le salarié n'a pas bénéficié, sur huit ans, des entretiens prévus et d'au moins une formation autre qu'une formation obligatoire, son compte personnel de formation est abondé par l'employeur. La traçabilité des entretiens est donc essentielle.
Retraite progressive : les repères que le RH doit connaître
La loi cite expressément la retraite progressive. Le salarié posera donc la question. Les conditions d'entrée pour un salarié du secteur privé sont les suivantes :
- avoir au moins 60 ans ;
- justifier de 150 trimestres d'assurance et de périodes reconnues équivalentes ;
- exercer une activité à temps partiel comprise entre 40 % et 80 % d'un temps complet, ou un forfait jours réduit.
Côté employeur, la procédure est encadrée. Le salarié adresse sa demande par lettre recommandée avec accusé de réception, au moins deux mois avant la date souhaitée. L'employeur dispose de deux mois pour répondre : son silence vaut accord. Un refus doit être justifié par l'incompatibilité de la durée de travail demandée avec l'activité économique de l'entreprise.
Les questions que le salarié va poser
Dès que le sujet est ouvert, les questions deviennent personnelles : « Je peux partir à quel âge ? », « Il me manque combien de trimestres ? », « Je touche combien en retraite progressive ? ». Le RH peut donner les repères généraux. Le chiffrage individuel, lui, demande une vraie compétence retraite : lecture du relevé de carrière, trimestres validés et cotisés, décote.
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Pour une vue d'ensemble des autres mesures du texte, lisez aussi notre article Loi seniors 2025 : ce qui change pour les RH.
Sources (vérifiées le 7 octobre 2026)
- Article L. 6315-1 du Code du travail
- Loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025
- Retraite progressive du salarié, Service-Public.gouv.fr
Article d'information générale. Il ne remplace pas une étude individuelle de la situation d'un salarié.